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Sourcing & Trading

Vérifier un agent de sourcing chinois : les 6 documents à exiger

Vérifier agent sourcing Chine : business license, code de crédit social, AQSIQ, capture d'écran fournisseurs — les 6 documents qui prouvent la légalité.

HUANG Xi·29 août 2026·8 min de lecture

Pour vérifier un agent de sourcing chinois, exige six documents : la business license (营业执照), le code de crédit social unifié à 18 chiffres, une capture d'écran de la plateforme AQSIQ (si l'agent fait de l'export alimentaire ou cosmétique), les coordonnées vérifiables du bureau (pas seulement une adresse), une liste de fournisseurs avec contacts directs, et un contrat clair en anglais ou français. Ces pièces te permettent de vérifier l'existence légale, l'ancienneté, le scope d'activité et l'absence de litiges. Tout agent qui refuse ou temporise sur ces documents doit être écarté immédiatement.

Bureau d'affaires à Shenzhen Les agents sérieux ont un bureau physique et des documents d'enregistrement vérifiables — pas juste un WeChat et un compte Alibaba — Photo : Dinkun Chen, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le document #1 : la business license (营业执照)

La business license chinoise est l'équivalent du Kbis français. Elle prouve que l'entité existe légalement, a payé son capital social, et a déclaré son scope d'activité auprès de l'Administration for Market Regulation (市场监督管理局).

Ce que tu dois vérifier :

  • Le nom complet en chinois (公司名称) : doit correspondre au nom sur le site web, les emails, le cachet rouge.
  • Le code de crédit social unifié (统一社会信用代码) : 18 caractères alphanumériques, unique à chaque entreprise depuis 2015. C'est l'équivalent du SIREN + TVA intracommunautaire.
  • La date d'enregistrement (成立日期) : un agent créé il y a moins d'un an a peu de références vérifiables.
  • Le capital social (注册资本) : en yuans. Attention, depuis 2014 le capital n'est plus obligatoirement versé — un chiffre élevé ne garantit rien. Par contre, un capital de 10 000 RMB (±1 200 €) pour une « trading company » est un signal faible.
  • Le scope d'activité (经营范围) : doit inclure « import-export » (进出口) ou « commerce international » (国际贸易). Si tu vois uniquement « conseil en gestion » (管理咨询), ce n'est pas un agent de sourcing, c'est une coquille administrative.

Comment obtenir ce document :

Demande une copie scannée en haute résolution. L'original est un document A4 vertical, avec un QR code en bas à droite et le cachet rouge de l'administration. Les fausses licences circulent, mais elles sont faciles à détecter : polices approximatives, cachet flou, absence de filigrane.

Tu peux vérifier la licence en ligne sur le site officiel gsxt.gov.cn en entrant le code de crédit social ou le nom de l'entreprise. Si l'agent refuse de te communiquer ce document « par politique interne », passe ton chemin.

Le code de crédit social : comment le lire et pourquoi il compte

Le code de crédit social unifié (统一社会信用代码, USCI) est le pivot du système de vérification chinois. Il remplace depuis 2015 trois anciens numéros (business license, code fiscal, code organisation). Toute entreprise enregistrée après octobre 2015 en a un.

Structure du code à 18 caractères :

PositionSignificationExemple
1Type d'entité (9 = entreprise)9
2Type d'organisation (1 = entreprise, 5 = privée)1
3-8Code région (province + ville)440300 (Shenzhen)
9-17Numéro unique + checksumXXXXXXXXX
18Chiffre de contrôleX

Pourquoi tu dois le copier intégralement :

  • Tu peux vérifier l'entreprise sur gsxt.gov.cn, qcc.com (Qichacha, plateforme de due diligence chinoise payante mais avec essai gratuit), ou tianyancha.com.
  • Ces plateformes te montrent : les litiges en cours, les changements de nom, les amendes administratives, les dirigeants, les actionnaires, les filiales.
  • Un agent avec 10+ litiges commerciaux ouverts, ou ayant changé trois fois de nom en deux ans, est un signal rouge clignotant.

Cas concret : un agent t'envoie une licence au nom de « Shenzhen XYZ Trading Co., Ltd. », enregistrée en 2023, capital 50 000 RMB. Tu cherches le code sur Qichacha : tu découvres que le dirigeant légal (法定代表人) a créé quatre autres sociétés similaires en 2022-2023, toutes avec le même scope, toutes domiciliées à la même adresse. Red flag : c'est probablement une structure montée pour contourner des litiges ou des dettes.

La capture AQSIQ (pour alimentaire, cosmétique, médical)

Si tu importes de l'alimentaire, des compléments, de la cosmétique ou du médical, l'agent doit être enregistré auprès de l'AQSIQ (Administration générale du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine — désormais intégrée à la General Administration of Customs, GACC).

Pourquoi c'est important :

Seuls les agents enregistrés AQSIQ peuvent gérer les dossiers d'export de ces catégories. Sans enregistrement, ton produit sera bloqué à la douane chinoise, ou pire : expédié sans les certificats sanitaires obligatoires, puis saisi en France.

Comment vérifier :

  • Demande une capture d'écran du back-office AQSIQ avec le nom de l'entreprise visible.
  • Ou demande le numéro d'enregistrement AQSIQ (备案号) et vérifie-le sur le portail des douanes chinoises.
  • Si l'agent te répond « on sous-traite à un partenaire enregistré », demande le nom et les coordonnées de ce partenaire, puis vérifie-le toi-même.

Piège fréquent : certains agents te montrent le certificat AQSIQ du fournisseur (l'usine), pas le leur. Ce n'est pas la même chose. L'usine doit avoir son certificat, mais l'agent aussi s'il gère l'export à ta place.

Les coordonnées vérifiables du bureau

Un agent sérieux a un bureau physique, une ligne fixe, une adresse postale. Pas seulement un numéro WeChat, un compte Gmail et un profil Alibaba.

Ce que tu dois demander :

  • Adresse complète en chinois et en pinyin : ville, district, rue, numéro, étage.
  • Photo du bureau avec le logo de l'entreprise visible, ou photo de la plaque à l'entrée de l'immeuble.
  • Numéro de téléphone fixe (format +86 755 XXXX XXXX pour Shenzhen, +86 20 XXXX XXXX pour Guangzhou, etc.). Les agents qui n'ont qu'un portable chinois ou qu'un numéro étranger (+33, +225) sont souvent des freelances ou des intermédiaires délocalisés.

Test simple : demande un rendez-vous vidéo depuis leur bureau. Si l'agent accepte et te montre l'espace (même rapidement), c'est un bon signe. S'il refuse ou propose toujours un café neutre à l'extérieur, méfiance.

Cas réel : un importateur ivoirien a travaillé six mois avec un « agent » qui prétendait avoir un bureau à Yiwu. Après plusieurs retards, l'importateur a envoyé un contact local vérifier : l'adresse était celle d'un centre de domiciliation, aucun bureau réel. L'agent était un freelance basé au Vietnam, qui sous-traitait tout à des traders chinois avec 15-20 % de marge cachée.

La liste de fournisseurs avec contacts directs

Un agent de sourcing construit son service sur son réseau de fournisseurs vérifiés. S'il refuse de te partager ne serait-ce qu'une courte liste de partenaires (avec noms d'usines, villes, contacts), c'est qu'il n'en a probablement pas — ou qu'il te revend des contacts Alibaba en ajoutant sa marge.

Ce que tu dois demander :

  • Une liste de 5 à 10 fournisseurs pertinents pour ton secteur (sans forcément révéler les prix ni les conditions négociées).
  • Pour chaque fournisseur : nom de l'usine, ville, type de production, contact (nom + téléphone ou email).
  • Tu peux demander à l'agent de t'introduire directement à un ou deux fournisseurs pour un échange préliminaire. Un agent légitime acceptera, car il sait que sa valeur ajoutée ne réside pas dans le secret des contacts, mais dans la gestion de la relation, le contrôle qualité, la négociation, la logistique.

Piège fréquent : l'agent te donne des contacts, mais te fait signer une clause interdisant tout contact direct avec le fournisseur. Cette clause est courante et défendable après une première commande réussie. Mais si l'agent l'impose avant même un échantillon payé, c'est qu'il a peur que tu découvres qu'il n'apporte rien.

Le contrat en anglais ou français avec clauses claires

Le dernier document — et peut-être le plus révélateur — est le contrat de service entre toi et l'agent.

Ce qu'un bon contrat doit contenir :

  • Scope des services : sourcing fournisseur, négociation, échantillonnage, contrôle qualité (pré-production / en ligne / final), gestion logistique jusqu'à quel Incoterm.
  • Modalités de rémunération : commission en % du FOB, ou honoraire fixe par mission, ou mix des deux. Pas de formulation floue comme « frais de service selon les cas ».
  • Clause d'exclusivité (si applicable) : durée, périmètre géographique, produits concernés. Attention aux exclusivités trop larges imposées dès la signature.
  • Responsabilité en cas de défaut : que se passe-t-il si l'échantillon validé ne correspond pas à la production, si le délai n'est pas tenu, si le conteneur arrive avec 30 % de casse ? Un agent sérieux assume une part de responsabilité (même limitée) — un intermédiaire opportuniste te renverra systématiquement vers le fournisseur.
  • Clause de résiliation : préavis, conditions, remboursement des acomptes éventuels.
  • Loi applicable et juridiction : idéalement droit français ou hongkongais, ou à défaut chinois mais avec clause d'arbitrage CIETAC (China International Economic and Trade Arbitration Commission). Évite les contrats qui imposent un tribunal local de province chinoise sans arbitrage.

Red flag absolu : un agent qui refuse de signer un contrat écrit, ou qui te propose uniquement un « protocole d'accord » informel sur WeChat. Aucune entreprise sérieuse ne fonctionne ainsi.


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